Le plus intéressant dans ce roman est sûrement la figure de l’inspecteur. Non, ce n’est pas le super-héros sans peurs et sans reproches, prêt à affronter le danger menton haut et poitrine offerte. Notre homme est à la dérive, hanté par l’attentat dont il fut victime, trouvant un réconfort passager dans l’alcool ou le sexe éphémère. Il tente de se soustraire à lui-même. Et sa détermination, son courage, son indignation devant la corruption et la violence n’ont d’égal que sa peur, latente, et sa fragilité. Vous en connaissez beaucoup des polars, où le « héros » chie de trouille avant une intervention ? Pour finir, on aurait aimé un polar un peu plus dense, avec peut-être moins d’envolées lyriques (le début du roman est un peu verbeux à mon goût), mais Verre froid n’en est pas moins un très bon polar, bien construit et qui dévoile crûment la réalité mafieuse, impitoyable, hyper-violente, cruelle, débarrassée de ses habituels atours romantiques.